Hermine Horiot, le violoncelle en équilibre

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La violoncelliste française Hermine Horiot vit très naturellement la musique dans le constant équilibre de ses aspirations : en solo pour des projets personnels et audacieux, ce dont témoigne notamment son second disque, Boréales, et sa déclinaison en récital ; en formation de chambre, avec entre autres le quintette Smoking Josephine ; et en orchestre au sein des Dissonances, dont elle partage le répertoire et les concerts depuis une dizaine d’années.


Si la jeune violoncelliste n’a pas l’ambition de bousculer les codes de la musique classique, le chemin très singulier qu’elle trace au fil de projets intimement liés à son histoire et à ses coups de cœur fait néanmoins entendre un violoncelle autre, neuf et tout à fait moderne. Sa formation, classiquement suivie en conservatoire à Dijon puis au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris dans la classe de Philippe Muller, se voit enrichie par des master-classes auprès de Steven Isserlis, François Salque, Torleif Thedéen, Leonid Gorokhov, Marc Coppey ou encore Jordi Savall. De là sa large envergure d’approche de son instrument. Hermine Horiot en nourrit sa curiosité naturelle et mûrit des projets d’emblée audacieux. « J’ai toujours été attirée par les chemins de traverse, mais je n’ai pas décidé de ce parcours. Il s’est de lui-même dessiné au gré d’événements marquants de ma vie et de rencontres. »


L’ALCHIMIE D’UNE FAMILLE DE MUSICIENS

Car si Hermine Horiot sait où elle va, elle sait aussi s’entourer de partenaires – musiciens, compositeurs, ingénieurs du son, … – qui sont devenus de fidèles compagnons de route, dont l’amitié et les compétences l’entourent de bienveillance et d’exigence. « J’aime bien sûr l’émulation de nouvelles rencontres, découvrir des artistes, des jeux et des répertoires différents…Mais j’ai viscéralement besoin d’une « famille » de musiciens, pour avancer et m’épanouir en tissant des liens durables, humainement et artistiquement. Lorsque que l’alchimie entre des personnes opère, il est très gratifiant de pouvoir la perpétrer sur le long terme et réitérer de nouvelles expériences avec la même équipe, à une époque où tout va si vite », explique-elle.

Son disque Boréales, qui paraît en Novembre sous le label 1001 Notes, marque sa deuxième collaboration avec l’ ingénieur du son Cécile Lenoir,  après Romance Oubliée,  paru en 2015 aux côtés du pianiste Ferenc Vizi. Boréales est aussi le fruit d’un travail approfondi avec le compositeur et ingénieur du son Julien Podolak, qui concrétise son rêve d’adaptation de Fratres d’Arvo Pärt  pour violoncelle et bande électro-acoustique.  « Fratres est le fil d’Ariane du programme nordique et balte de ce disque, l’ enjeu était important. Son adaptation fut une grande aventure pour nous, initiatique à tous points de vue  » confie-t-elle.


LE TEMPS DE PRENDRE LE TEMPS

Hermine Horiot prend le temps de mûrir ses projets comme ses relations. Elle s’est donné trois ans pour s’immerger dans Boréales – déclenché en 2015 par la reconnaissance et le soutien de la Fondation Jean-Luc Lagardère, après son premier disque Romance Oubliée, conçu autour de la Sonate pour violoncelle et piano de Chopin avec Ferenc Vizi –, neuf mois pour s’approprier Fratres et envoyer une première maquette de son adaptation à Arvo Pärt, qui lui donnera son accord…De la même façon, elle envisage Smoking Josephine, le quintette à cordes fondé il y a deux ans par Geneviève Laurenceau et dont elle fait partie avec Olivia Hugues/Fanny Robilliard, Marie Chilemme et Laurene Durantel, comme une collaboration de longue haleine.

 « C’est une grande bouffée d’oxygène, et beaucoup de joie partagée, s’enthousiasme-t-elle. Le mélange volcanique de nos cinq personnalités a fonctionné dès la première lecture. Nous prenons le temps de construire nos programmes, avec des arrangements spécialement conçus pour nous. De les travailler, les modifier au besoin…avant de les donner en concert. Et nous enregistrons notre premier disque pour Naïve en février prochain. »

Avec tout autant d’engagement, Hermine Horiot joue au sein des Dissonances, le collectif de musiciens fondé par David Grimal. Elle y développe depuis dix ans son écoute et son répertoire, des Symphonies de Beethoven à celles de Bruckner et Chostakovitch, en passant par la Mer de Debussy, ou Daphnis et Chloé de Ravel… « Jouer sans chef est terriblement exigeant et galvanisant, livre-t-elle. Nous sommes toujours heureux de nous retrouver pour jouer ensemble, et abordons chaque année de nouvelles oeuvres : depuis mes premiers pas au sein de cet ensemble il y a dix ans, c’est tout un répertoire qu’il est formidable d’approcher de cette manière. Les Dissonances m’ont apporté mes plus belles sensations d’orchestre,  c’est de la musique de chambre à grande échelle en quelque sorte. Et il est très important pour moi de participer à ses saisons. Tout est une question d’équilibre, d’ajustements réfléchis entre musique de chambre, orchestre et projets solo. »


BORÉALES VERSION RÉCITAL

À l’heure de la sortie de son disque, Hermine Horiot a déjà travaillé à sa déclinaison au concert, où la partie électronique a une part plus importante, glissée en direct entre certaines œuvres par les soins de Julien Podolak.  Avec cette version « récital » – donnée le 17 Novembre à Caen puis le 8 Janvier prochain à Versailles notamment –, elle souhaite pérenniser son programme et le faire vivre dans l’échange avec le public. « C’est un dialogue onirique entre le violoncelle et l’électronique, une réflexion sur le pouvoir émotionnel du son, des sons…Au fil des concerts, nous allons développer cet univers, qui m’amène d’ailleurs à jouer différemment, et qui propose une autre écoute  au public également » 

Public qui aura ainsi l’occasion de découvrir sur scène et dans son élément cette violoncelliste aux multiples ressources.